Petit-déjeuner tranquille à la guesthouse et nous avons la surprise d’avoir un autre chauffeur de touk-touk qui nous attend, son pote lui ayant refilé l’affaire.
Avec intérêt nous découvrirons au fur et à mesure qu’il existe une véritable « mafia » des mototaxis à Siem Reap.
Peu importe pour nous, mais nous lui demandons toutefois si le tarif est le même. Réponse affirmative. De surcroît le chauffeur est très gentil et parle quelques mots d’Anglais. En route, c’est partit pour les temples d’Angkor !...







Nous traversons la ville, de jour cette fois-ci, et le trafic urbain s’avère être très dense pour une petite ville. Nous rencontrons même quelques embouteillages ainsi que certains moyens de transports surprenants…



Au sortir de la cité, nous arrivons aussitôt en pleine forêt sur une immense route longiligne…
Les temples sont au bout, c’est fascinant…



Depuis le temps que j’espérais venir ici, nous y sommes…
C’est pour moi un des sites les plus intenses sur la planète… J’ai déjà fait les Pyramides d’Egypte, il faut absolument que je fasse un jour la Grande Muraille de Chine ainsi que les temples Incas et Mayas… Entre autres…

L’appellation « Temples d’Angkor » est en partie erronée à mon humble avis. Je m’en explique.
De nombreuses dynasties de Rois ont en fait érigées chacune en leur temps, sur une durée de 4 siècles environ, nombre de sanctuaires religieux dédiés tantôt à l’Indouisme, tantôt au Bouddhisme, autour desquels ils ont bâtis leurs cités impériales.
Le plus connu et le plus impressionnant est « Angkor Wat ».



C’est celui qui est désormais la représentation emblématique ancestrale du Cambodge.

Mais sur des dizaines de kilomètres à la ronde, au travers des forêts et des rizières, sont élevés des temples tous plus majestueux les uns que les autres.
Leur état de conservation dépend de la structure complexe de leur construction ainsi que de la loi de la nature qui y a repris ses dépendances depuis, en investissant chaque lieu avec force et aléas…



Mais la dégradation la plus quantifiable au travers des temps est d’ordre contemporaine avec le pillage systématique depuis environ 70 ans des œuvres d’art majeures au profit de la vente des marchés parallèles internationaux.
Et plus récemment surtout, des déprédations importantes sont à attribuer aux saccages inconsidérés des armées Khmers Rouges qui ont dévastés tous ces sites extraordinaires dans des actes d’une barbarie considérable !...



Il est heureux de savoir que le site des Temples d’Angkor est désormais classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’Unesco depuis 1992.

C’est vraiment difficile d’imaginer de nos jours le niveau de développement éminent de la société Khmer de cette époque…

Architectures audacieuses, œuvres d’art complexes et recherchées, systèmes d’irrigation évolués et population quantifiable en centaines de milliers d’habitants.
C’est incroyable, tout est démesure et révèle la modernité de cette civilisation à l’époque, c'est-à-dire du 8ème au 12ème siècle…

Et seuls les Dieux avaient droit à des demeures en pierre !
Ainsi, tous les autres vestiges de cette société ont disparus, car construits en bois, et rien n’a subsisté hormis les temples…

Nous arrivons à l’entrée du site avec notre touk-touk qui roule à la modeste allure d’une vingtaine de kilomètres par heure.
Le guichet d’entrée est une sorte de station de péage. 20 $ la journée par personne, 40 $ pour 3 jours de visite. Nous optons pour la deuxième option et il nous est délivré un badge avec notre photo (à prévoir à l’avance)…



Ayant lu les informations auparavant sur notre guide Lonely Planet, nous décidons d’effectuer aujourd’hui le Grand Circuit. Autant finir par les monuments les plus impressionnants.
Notre chauffeur acquiesce mais n’aborde pas pour autant un quelconque changement tarifaire. Je le sentais bien venir, mais, c’est à savoir, fin de journée lorsque je lui ai réglé les 10 $ de prévu, il m’en a demandé le double. Donc ne soyez pas surpris si cela vous arrive, le Grand Circuit c’est bien 20 $ en touk-touk, incluant toutefois Bantaeay Srei à 32 Km de plus Aller / Retour et Banteay Samré en en revenant…
Il est possible de faire ces parcours aussi en mototaxi, c’est moins cher mais valable pour une seule personne, également en taxi voiture, là, cela sera plus cher, sinon pourquoi pas en bus, mais l’on n’est absolument pas libre de son itinéraire !...

Au travers des bois, nous pénétrons dans l’enceinte des temples d’Angkor. Nous arrivons dans des lieux mythiques !…

Nous découvrons tout d’abord d’immenses douves qui entourent certains monuments. Elles étaient infestées de crocodiles à l’époque afin de dissuader les assaillants. Difficile de s’imaginer aujourd’hui ces lieux paisibles envahis de reptiles carnivores…





Nous commençons la visite par le « Pre Rup », un temple à vocation hindouiste.
C’est fort, c’est puissant !…
Nous nous laissons imprégner de ces vieilles pierres qui ont tant à raconter…











Nous demandons ensuite à notre touk-touk de nous conduire à « Banteay Srei » un temple hindouiste à une vingtaine de kilomètres de là.
La machine poussive toussote sur le chemin de campagne truffé d’ornières et nous découvrons à notre grande surprise qu’il y a de nombreux villages installés dans l’enceinte du site des Temples d’Angkor comme à l’époque de l’apogée de cette civilisation.
Rizières, élevage, l’éternelle vie traditionnelle cambodgienne…



J’ai lu dans le guide qu’il valait mieux arriver sur place avant 10 heures pour éviter la foule et manque de chance des dizaines de bus et de mini van nous dépassent durant le trajet.
A notre arrivée, ce sont des hordes de touristes qui se bousculent et se précipitent dans le temple, au grand dam de l’optique de mon appareil photo qui ne peut rien capter sans trace d’humanité bien vivante et remuante !...
Même s’il s’agit de l’un des sanctuaires les plus beaux et les mieux conservés nous avons du mal à en apprécier entièrement l’essence mystérieuse…
Heureusement, ce sera le temple où nous rencontrerons le plus de monde et nous aurons la chance d’effectuer la visite des autres sites dans une grande tranquillité, parfois même sans rencontrer âme qui vive alentour…
Il faut dire qu’avec la saison sèche c’est le début de la haute période touristique…

Appelé la Citadelle des Femmes, les bas-reliefs sont d’une incroyable finesse…
Son nom proviendrait du fait que son architecte était une femme, et que seules des femmes auraient pu sculpter d’aussi fines œuvres d’art…























Revenant sur nos pas en touk-touk, nous allons visiter ensuite un autre temple hindouiste qui est assez bien conservé, le Banteay Samré.
Il s’agit d’un ouvrage à l’architecture une fois de plus complètement différente des monuments précédents.
Deux enceintes périphériques protègent un savant dédale de salles, de couloirs et de tours, le tout décoré de nombreuses fresques…
L’ambiance est pénétrante…



































De nombreuses échoppes sont installées à l’entrée de chaque monument, à vendre souvenirs, artisanat local, vêtements, boissons et prestations de restauration.
Les prix annoncés sont évidemment très élevés mais avec un peu de persévérance dans le marchandage, on peut obtenir des prix similaires aux marchés de Phnom Penh.



Aujourd’hui, pour palier aux tarifs « exorbitants » de la nourriture ici (3 à 4 $ pour un Fried Rice alors que c’est 1 $ à l’accoutumée, ce qui fait quand même 300 à 400 % d’inflation !), nous nous organisons un pique-nique à l’ombre d’un arbre à l’extérieur d’un temple.
Et nous ramènerons nos poubelles à l’hôtel. Pas de pollution ou de dégradation des lieux ! Cà tombe sous le sens vous me direz, mais pas pour tout le monde !...

Puis nous procédons à la découverte du Mébon Oriental. Encore une fois, rien à voir. Chaque temple est unique dans sa conception et dans sa structure.
A vocation hindouiste également, c’était le cœur de la ville qui servait de capitale à l’empire Khmer au milieu du 10ème siècle.













A chaque nouvelle descente du touk-touk pour la visite d’un autre temple mystique, de nombreux enfants abordent les touristes pour leur vendre cartes postales, foulards et babioles diverses… Ils ne sont âgés que de 6 à 12 ans mais sont déjà livrés aux tâches du travail…
A priori, selon ces bambins, les horaires de l’école seraient aménagés pour eux pouvoir se livrer à leur labeur. Ceux qui travaillent le matin iraient en classe l’après-midi et vice-versa…
Mais j’en doute malheureusement toutefois grandement !…

Mais en pratiquant leur gagne-pain, ils se livrent à un véritable harcèlement qui devient rapidement pénible…
Ils se collent véritablement à toi parfois plus de 5 minutes, pénètrent dans les temples pour gêner la visite, se mettent devant toi afin de t’empêcher de passer et tu as beau leur dire gentiment d’arrêter, c’est à chaque fois sans fin… Le but est que tu cèdes à leur acharnement et que tu leur achètes quelque chose pour te retrouver tranquille ensuite.
Mais tu ne peux pas les disputer, car ils travaillent pour leur famille et ils n’en sont nullement responsables.

A plusieurs reprises nous leur achetons de menus objets, mais cela ne tarira pas leur verve, bien au contraire. Ils veulent que tu leur en achètes plus encore, il n’y a pas de limite.
Et parfois de nouveau, certains se mettent à nous insulter du fait que nous ne leur ayons rien acheté !...
Ce n’est pas très joli !…

Mais poursuivons notre visite…
Le temple suivant sur notre circuit est le Ta Som qui lui est dédié au bouddhisme.
L’accueil s’effectue par une arche à l’entrée aux visages mystérieux.
De nombreuses enceintes intérieures se succèdent ensuite tour à tour décorées de nombreux bas-relief que les archéologues essayent tant bien que mal de sauvegarder et de reconstituer.
La nature y reprenant ses droits, les puissants et impressionnants banyans dévorent les édifices en leur donnant un aspect irréel…

































Nous enchaînons par un passage au Preah Neak Pean, sanctuaire à vocation bouddhiste constitué d’un bassin principal au centre duquel est érigé une tour qui serrait sensée représenter le mont Kelash, montagne sacrée tibétaine.





Revenant à notre véhicule, un groupe de musiciens attire notre attention. Ils ont tous été victimes des mines antipersonnelles qui ont tant ravagé le Cambodge et cette région plus particulièrement… Et qui continuent à dévaster la population encore aujourd’hui !... Cela ne peut pas laisser insensible !...





Notre dernière visite de la journée consistera en la découverte du temple Preah Khan qui est considéré avoir été une ville à part entière ayant accueilli 10 000 habitants.
Dédié à Bouddha, il s’agit d’une succession vertigineuse de galeries s’enchevêtrant dans une complexité de pièces exiguës et de colonnades monumentales…
Ici aussi la végétation dévore de tous côtés ces ruines majestueuses.
Nous effectuons notre entrée par la porte Nord et le touk-touk viendra nous attendre à la porte Ouest. Alors repérez la direction du soleil pour vous orienter car le site est grand et qu’il est facile d’y perdre sa position…



































Fin de journée, sur le chemin du retour, nous passons devant le fameux Angkor Wat que nous visiterons demain. Plus d’une centaine de bus sont stationnés sur le parking en face, à y déverser des flots incessants de touristes voyageant avec les tours-opérateurs. C’est effarant ! Rien à envier au Château de Versailles…

Nous nous contenterons au soir de dîner à la guesthouse, car le restaurant installé dans un jardin sur cour intérieure pratique des prix attractifs pour des petits plats alléchants.
Mais nous découvrirons que le contenu des assiettes est proportionnel aux tarifs appliqués !...

Nuit de repos sur fond de rêves des civilisations Angkoriennes…

A suivre...

Uxar



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12/12/06 Fabuleux Temples d'Angkor...(2)



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