Muang Khua est une grande ville carrefour commercial entre la Chine, le Laos et le Vietnam. Nous espérons y trouver des internet-shops, ce qui est urgent car nos cartes mémoires d’appareils photos arrivent à saturation (1,5 gigas en 3 jours !) et il faut vite transférer les images sur nos disques durs portables.
Il y a des moments où les laptops (ordinateurs portables) vont nous manquer pour mener à bien nos projets respectifs. Car plus tard il va falloir que je retranscrive tout çà au clavier… Des heures de boulot en perspective…
Et les heures défilent sur la Nam Ou au milieu de ces paysages montagneux luxuriants…
Et comme la région n’est accessible que par bateau, il est fréquent de voir des Laos attendre sur les rives de la rivière, faire signe à une rare embarcation et moyennant rémunération de se faire emmener en ville.
Beaucoup d’enfants également jouent nus dans la rivière ou aident leurs parents à pêcher avec des épuisettes et nasses en osier qu’ils tirent à contre courant. Je suppose que l’école, si elle existe ici, n’est pas trop fréquentée…
5H40 de voyage, comme je l’avais prévu, nous naviguons encore…
Les montagnes se font moins hautes mais sont toujours couvertes d’une végétation tropicale toujours très dense.



Il fait beau et chaud aujourd’hui mais l’on sent que le fond de l’air est plus frais. En fait je pense que nous sommes au niveau de la rivière à une altitude d’environ 1000 mètres. Et en plus de 200 Km, je suis persuadé que nous avons effectué près de 400 à 500 mètres de dénivelé…
3 jours de trajet sur la Nam Ou, nous sommes habitués désormais à ce type lancinant de transport… A admirer les paysages, à ressentir les populations, à écrire, à rêver…



Notre embarcation s’est arrêtée pour une pause dans un marché sur pilotis sur les rives de la rivière. Tous les villages environnants viennent en bateau s’y approvisionner. Tout petit marché, très peu de fournitures ou d’aliments mais c’est le rendez-vous régional. Notre navire y vend d’ailleurs des oranges qu’il transporte.









Nous croisons parfois sur la rivière des nappes de mousses blanchâtres très épaisses, ce qui préfigure des rejets de pollution de la ville qui approche. C’est bien triste de voir cela dans cette magnifique pureté naturelle.
6H15 de voyage, nous arrivons à Muang Khua enfin… Le postérieur se faisait douloureux à force d’être assis sur les planches…
Nous chargeons nos sacs sur le dos et partons découvrir la ville. Que c’est bon de marcher !…
En fait de ville « moderne et bétonnée » il s’agit d’un grand village aux maisons en bois, piste en terre défoncée, quelques échoppes dans la rue principale et électricité de 18 à 22 heures.







Nous visitons quelques guesthouses et décidons de nous poser dans l’une d’elle, la Nam Ou Guesthouse, cachée dans un dédale de ruelles sur les bords de la rivière.
Très propre, moustiquaire, calme, douche chaude (ouaih !...), 4 $.





Il va sans dire qu’après s’être promené dans la ville, il n’y a pas d’internet-shop ici. Il va falloir économiser la dernière carte mémoire… Plus de vidéos possibles, juste garder la disponibilité pour les photos, quitte à réduire la résolution, car nous ne savons pas quand nous pourrons effectuer l’opération transfert… C’est frustrant…
Mais c’est le fond du Laos, on va faire avec…
Ici les aliments sèchent au soleil, le riz est trié à la main et les enfants exultent de joie…























Le soir, dans la guesthouse, il y avait un groupe de 10 personnes françaises voyageant avec Nouvelles Frontières. Ils étaient ravis de leur trek au travers des villages ainsi que de la prestation de leurs guides. Un Français, Jean-Loup, vivant au Laos, et « Hot » un Lao parlant couramment Français.
Nous avons fait connaissance, c’est toujours intéressant de rencontrer une personne qui vit ici et qui a réussi à se créer son business. Et c’est vrai que dans le tourisme qui est en plein essor, il y a de quoi faire…
Et moi-même, je connais bien l’accueil et la gestion des groupes de touristes, tant par mon métier d’Instructeur de plongée sous-marine que j’exerce depuis des années, tant par le concept pour les Tours Opérateurs que j’ai monté l’année dernière en Nouvelle-Calédonie en tant que guide… (bientôt sur le Blog)
Echanges et partage de vie… Nous parlons le même langage et avons des visions de vécu un peu similaires… Très sympa…
Demain, c’est sûr, nous restons ici… Un peu de temps relax pour apprécier le rythme de vie…

En pleine nuit, vers 3 heures du matin, un Lao a commencé à réciter des mantras à haute voix, juste au dessous de notre chambre, durant plus d’une heure. Dommage pour moi, une fois de plus je n’ai plus fermé l’œil de la nuit !...
J’en ai profité pour ressentir les bruits de la nuit…
La rivière Nam Ou devant la chambre, a un débit particulièrement irrégulier et parfois, le son se transforme en vagues qui s’échouent sur le rivage. J’ai vraiment l’impression d’entendre la mer…
Ce matin, pas de réveil, mais dès 7 heures le bruit de la vie locale qui se met en marche nous fait émerger… Nous prenons un repas dans le petit marché, une noodle soup avec du porc.















Il y a également à déguster pour les amateurs des scarabées grillés ainsi que des larves d’insectes.









Nous partons ensuite nous promener au-delà d’un grand pont suspendu en bois et en bambou enjambant un affluent de la Nam Ou.







Nous découvrons le village de Ban Na Tum, le fief d’une tribu Khamu.
Les carnations de peaux se font plus foncées ; la population locale vit sur le bord du chemin défoncé, à attendre, à ne rien faire.
Le Laos est vraiment un pays où on aime à prendre le temps, c’est le sport national…
En référence, voici un célèbre dicton du Sud-Est Asiatique à méditer :

Les Vietnamiens plantent le riz,
Les Cambodgiens regardent le riz pousser,
Les Laotiens écoutent le riz pousser
Et les Thaïlandais le récoltent…

Les maisons sont sommaires et abîmées par le temps, les toilettes, un simple abris dehors avec une planche et un trou…













De vieilles femmes pliées en deux par le poids des âges, portent encore de lourds paniers en bambou sur le dos pour acheminer nourriture à leur foyer…



Nous assistons d’ailleurs à la livraison d’une aide alimentaire des Nations Unies, consistant en de nombreux sacs de riz…



Un vieil homme fabrique des chapeaux traditionnels en fibres de bambou, assis sur le sol devant son logis…







Nous traversons la cours d’une école, simples salles en bois ouvertes sur l’extérieur, et coup de bol, il est 13H30, c’est le début de la classe (mêmes horaires qu’en France) et les enseignants ne sont pas encore là. Les cours sont mixtes et les jeunes sont terriblement excités de notre apparition.
J’entre dans une salle et emporté par leur enthousiasme, je vais au tableau et fais mine d’être leur professeur cette après-midi… Eclats de rires…









Mais en tant qu’élément perturbateur, je m’éclipse vite avant l’arrivée de leur maître.
J’observe d’ailleurs le protocole de présentation, chacun se levant et joignant les mains devant lui saluant leur enseignant : « Sabaidee… ». Respect…

Après-midi relaxe au bord de la Nam Ou, lessive, couture, lecture… Tranquille…
Mais les rives de la rivière sont très sales et couvertes d’ordures et je comprends soudain pourquoi.
Un homme dont le métier est de transporter les poubelles de chaque habitation, fait la navette entre le village et les berges pour y déverser des monceaux d’immondices en tous genres (sacs plastiques, bouteilles, piles, etc…) et qui sont emportés par le courant…
Il est urgent de faire comprendre aux populations le danger écologique de tels actes, pour l’avenir mais aussi pour le présent. Car dès le départ de l’éboueur des enfants viennent aussitôt jouer avec les déchets…













Nuit noire à 18 heures, et à peine 30 minutes plus tard, coupure générale d’électricité jusqu’au matin. Nous passons la soirée en compagnie de Miki, notre amie Japonaise, éclairés par une unique chandelle. Nouilles Vietnamiennes et en dessert des French Fries (des frites quoi, avec du ketchup)…

Couchés tôt, demain nous reprenons le bateau pour l’extrême Nord du Laos, Phongsali…

A suivre

Uxar



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14/10/06 Tintin à Phongsali





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